Vous êtes ici : Accueil > Actualités de l’adoption > Actualités - Archives > Actualités - Année 2015 > Actus - Avril 2015 > 13.04.2015 - Italie-RDC : Rome estime proche le déblocage du dossier des (...)
Par : Bernard P
Publié : 17 avril 2015

13.04.2015 - Italie-RDC : Rome estime proche le déblocage du dossier des adoptions

Une visite à Kinshasa de deux officiels italiens, dont Mme Cécile Kyenge, fait redonner l’espérance aux familles qui attendent d’adopter de petits Congolais.

Le dossier est sensible et les nerfs des familles italiennes adoptantes sont à bout. Depuis 2013 pratiquement, des dizaines de couples attendent que le gouvernement de Kinshasa lève le coude sur des dossiers d’enfants adoptés dans les faits mais qui n’ont toujours pas quitté le territoire congolais pour l’Italie. On sait qu’un premier groupe d’une vingtaine d’enfants avait pu quitter Kinshasa en juin dernier en avion spécialement affrété par Rome, mais les familles qui attendaient l’heureux événement pour Noël avaient dû patienter 7 mois pour obtenir le feu vert.

Certaines d’entre elles avaient fait le déplacement de Kinshasa pour amener en personne les enfants en Italie ; beaucoup avaient dû revenir à Rome et dans les différentes villes italiennes où leurs enfants ne sont finalement arrivés qu’en juin dernier. Depuis lors aucun autre groupe d’enfants n’a été autorisé à quitter le Congo. Pire : en décembre de l’an dernier, une dizaine de jeunes enfants qui avaient été regroupés à Kinshasa, à la Maison Saint Gabriel, en attendant leur expatriation, avaient été « enlevés » et conduits vers une destination inconnue.

Les associations italiennes ont tout de suite rassuré : il ne s’agit pas d’enlèvement, les enfants sont en lieu sûr. Mais ils n’ont toujours pas pu prendre place à bord de l’avion devant les conduire vers leurs familles d’adoption. C’est à elles en priorité qu’ont tenu à s’adresser Gianni Pittella, président du groupe des socialistes au Parlement européen et l’Italo-Congolaise Cécile Kyenge Kashetu, vice-présidente de la commission européenne pour l’Afrique et les Caraïbes. À l’issue d’une visite à Kinshasa la semaine dernière, les deux officiels se sont montrés rassurants.

« Les adoptions au Congo pourraient très bientôt repartir. Le premier ministre Augustin Matata Ponyo et le ministre de la Justice Alexis Thambwe Mwamba nous ont rassuré sur la volonté du gouvernement de débloquer et de faciliter le processus des adoptions resté bloqué depuis 2013 », ont indiqué les deux personnalités. « C’est une bonne nouvelle pour les nombreuses familles dans l’attente », ont-elles ajouté. « Nous maintenons pour notre part l’engagement à suivre l’évolution de cette question sensible, faisant ce qui est possible politiquement et diplomatique afin que la volonté du ministre se transforme en réformes et en mesures concrètes en faveur des familles en attente et des petits enfants congolais pour une adoption sereine et idéale à leur croissance ».

La question de l’adoption des petits enfants congolais a pâti de circonstances qui ont mêlé indélicatesses, souveraineté et tentatives de triches. Il y a deux ans, la découverte par les autorités congolaises que certaines familles canadiennes désireuses d’adopter ces enfants étaient constituées de personnes de même sexe (ce qui les rendait inéligibles au regard de la législation congolaise qui ne reconnait pas aux couples homosexuels le statut de famille) a freiné la procédure. Kinshasa se montre désormais très tatillonne sur l’ensemble des dossiers, arguant d’ailleurs de sa prérogative d’État souverain qui entend agir « loin de toutes pressions ».
Lucien Mpama