Par : Bernard P
Publié : 1er avril 2015

01.04.2015 - Reporter

Oran : Une centaine d’enfants nés sous X pris en charge chaque année par la DAS

Une centaine d’enfants nés sous X sont dénombrés et pris en charge chaque année par les services de la direction de l’action sociale (DAS).

Du coup, le phénomène des mères célibataires est devenu une réalité criante, devant le jugement d’une société qui refuse d’admettre ce fait social, qui, pourtant, prend de plus en plus d’ampleur, en finissant par contribuer à l’aggravation de la situation sociale des enfants nés sous X. En effet, la majorité des mères célibataires rejettent leurs enfants de peur d’être à leur tour rejetées par leurs familles et par la société. Les sociologues affirment que ce phénomène a pris de l’ampleur, ces dernières années, pour diverses raisons, à l’instar du nombre élevé des cas de divorce, de la pauvreté qui a poussé des jeunes filles à la prostitution, sans compter la moyenne d’âge du mariage qui dépasse les 28 ans pour les filles et 35 ans pour les garçons, ce qui les pousse à chercher des relations hors mariage, car ils n’ont aucune perspective de pouvoir fonder un jour un foyer, à cause notamment de la crise du logement et du problème du chômage. Les chiffres parlent malheureusement d’eux-mêmes, pour démontrer la complexité du phénomène parmi les enfants recensés chaque année. Certains ont la chance de revoir leurs mères, qui décident de récupérer leurs enfants, mais pour la plupart, c’est la DAS qui prendra la responsabilité. Dans cette optique, il est nécessaire de signaler qu’il ne s’agit pas dans ce cas de figure uniquement d’un choix personnel, mais beaucoup de paramètres entrent dans ce choix, comme le précise une activiste dans le domaine. « La décision de la mère célibataire de garder son fils n’est malheureusement pas un paramètre décisif, cette dernière doit attendre une multitude de garanties de la part de la société, entre autres, sa famille. » L’amélioration des conditions de la kafala devrait passer par la révision du cadre administratif et juridique. C’est sur ce point qu’insistent plusieurs associations locales et nationales activant dans le domaine de la protection des enfants abandonnés. Aussi, en l’absence d’une bonne éducation sexuelle dans la famille comme à l’école, l’accroissement des rejets familiaux, tels que les divorces, les répudiations et l’exclusion des femmes agressées, violées et harcelées, le phénomène des mères célibataires et le nombre de naissances recensées hors mariage deviennent de plus en plus inquiétant. Si pour les uns, les mères célibataires ne sont que des femmes « ineptes et répugnantes » victimes de leur ignorance et d’une acculturation prônant la liberté et l’émancipation, pour les autres, en revanche, elles sont victimes d’injustice et de discrimination à tous les niveaux.