Vous êtes ici : Accueil > Actualités de l’adoption > Actualités - Archives > Actualités - Année 2014 > Actus - Mars 2014 > 03.03.2014 - Secrétariat à l’adoption internationale Québec
Par : Bernard P
Publié : 9 mars 2014

03.03.2014 - Secrétariat à l’adoption internationale Québec

Les défis de l’adoption internationale

Fonder une famille ou agrandir la sienne grâce à l’adoption internationale est une expérience exceptionnelle à vivre. Une relation d’acceptation et de confiance doit s’établir entre l’adoptant et l’enfant au fil des jours. On peut imaginer qu’il faut de la volonté et de la combativité à cet enfant pour s’adapter, s’intégrer et se faire accepter tout en affirmant sa personnalité. En contrepartie, il faut beaucoup de tolérance, de compréhension, de patience et de bienveillance aux adoptants qui sont soumis, eux aussi, à beaucoup de stress. Il est donc important de prendre le temps de réfléchir au sens de cette nouvelle filiation.

L’adoption internationale est une démarche qui ne peut pas être envisagée à la légère. Une foule de considérations entrent en jeu et font appel à des qualités hors du commun, tant pour les adoptants que pour les enfants. De plus, bon nombre de démarches sont indispensables au cheminement du dossier, qui doit se faire avec rigueur et, surtout, avec l’assurance que l’enfant est en toute occasion protégé quant à ses droits et à son intérêt supérieur.

L’adoption internationale, c’est composer, entre autres, avec :

 un cheminement qui entraîne des réflexions profondes et des questionnements importants ;
 des exigences, selon les pays d’origine, qui vont parfois à l’encontre de ses valeurs ;
 l’obligation de se soumettre à des évaluations médicales et psychosociales ;
 la possibilité d’avoir à reporter le projet d’adoption ou à y renoncer à la suite des recommandations contenues dans l’évaluation psychosociale ;
 la proposition d’un enfant qui présente certains problèmes de santé ;
 la proposition d’un enfant qui présente une apparence différente de celle que l’on avait imaginée ou désirée ;
 une attente plus longue que prévue ;
 une attente plus courte que prévue, qui précipite les préparatifs ;
 la préparation des frères et sœurs et de la famille élargie à l’arrivée de l’enfant ;
 la peine de ne pouvoir aller chercher immédiatement l’enfant proposé ;
 le fait de ne pas ressentir un fort sentiment d’amour pour l’enfant dès la première rencontre ;
 le fait que l’enfant ne s’attache pas à soi instantanément ;
 les réactions déroutantes des frères et sœurs et de la famille élargie à la suite de l’arrivée de l’enfant ;
 un stress important qui peut bouleverser l’équilibre familial ou personnel ;
 des problèmes de santé non détectés au moment de l’adoption mais révélés au retour à la maison ou quelques années plus tard ;
 des comportements admis dans le pays d’origine, mais non acceptés ici, surtout si l’enfant est plus âgé ;
 des préjugés à l’égard des origines de l’enfant et des remarques déstabilisantes, voire blessantes, de l’entourage ou d’inconnus ;
 l’éventualité d’avoir à répondre aux questions de l’enfant sur ses origines sociobiologiques et culturelles ;
 le désir de l’enfant de rechercher ses antécédents familiaux, de retrouver ses parents biologiques, sa famille élargie et des personnes importantes de son passé ou de reprendre contact avec son milieu culturel d’origine ;
 la possibilité qu’un jour un parent biologique demande d’entrer en communication avec l’enfant ;
 une démarche exigeante sur les plans légal et administratif ;
 un processus qui échappe à notre contrôle.

Il est rare que toutes ces situations soient vécues par la même famille ou avec la même intensité. Toutes ces considérations peuvent, par ailleurs, être abordées au moment de l’évaluation psychosociale dans un climat d’échanges positifs avec l’évaluateur. Certains organismes agréés tiennent aussi des rencontres où ces questions sont discutées avant même d’amorcer l’ensemble des démarches d’adoption.

Il se peut que certaines de ces considérations paraissent insurmontables et incitent à mettre en veilleuse le désir d’entreprendre les démarches d’adoption dans l’immédiat. Poursuivre la réflexion peut être bénéfique et amener, finalement, à prendre une décision en toute connaissance de cause.