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Par : Bernard P
Publié : 27 novembre 2016

8.11.2016 - Le dauphine - RDC

Le combat d’une femme pour enfin voir l’enfant de RDC qu’elle a adoptée en 2013
Géraldine remue ciel et terre pour faire valoir ses droits. « La justice française a reconnu l’existence de Naïs et de l’adoption » affirme-t-elle.
Géraldine remue ciel et terre pour faire valoir ses droits. « La justice française a reconnu l’existence de Naïs et de l’adoption » affirme-t-elle.
Des portraits d’elle partout, du vestibule à la salle à manger. Le même sourire sur l’écran du téléphone portable de Géraldine. « Le jour où j’ai vu la photo de Naïs, j’ai été sa mère. Depuis 2012, je vis avec elle. »
Mais dans la réalité, Géraldine, 41 ans, qui vit près de Sisteron, est privée de sa fille adoptive. Elle ne l’a jamais vue en vrai et se bat pour la serrer un jour dans ses bras.
En 2012, la fillette a 3 ans. Elle vit dans un orphelinat de Kinshasa, en République Démocratique du Congo (RDC). Géraldine et son mari lancent une procédure qui aboutit en janvier 2013 à un jugement d’adoption congolais « ferme, définitif et opposable dans les deux pays ».
Chaque semaine, les nouveaux parents écrivent une carte postale à Naïs. L’enfant reçoit des photos du couple, de la maison, des jouets dans sa chambre. Quelques formalités et enfin la rencontre se fera au Congo, avant le début de l’aventure familiale dans le Sisteronais.
Fin 2013, la RDC décide de bloquer les dossiers d’adoption vers la France qui ne sont pas finalisés. Pourtant clos, celui de Naïs se retrouve dans le lot. Rien d’irrémédiable : des situations similaires seront finalement résolues.
Casse-tête franco-congolais
Mais en 2014, la séparation du couple complique encore la situation. « Mon mari est parti et a fui ses responsabilités de père, raconte Géraldine. Il a écrit à la RDC qu’il refusait de s’occuper d’elle, que sa fille n’avait plus de famille. »
Ce “coup de théâtre” place la maman dans une position très délicate. Dans plusieurs pays d’Afrique, un célibataire ne peut pas adopter. Est-ce pour cette raison ? Toujours est-il que les autorités congolaises bloquent le visa de sortie du territoire de Naïs. La France, de son côté, échaudée par les polémiques autour de l’adoption internationale, rechigne à délivrer des visas d’entrée. « L’inédit de ma situation, c’est que je n’ai ni l’un, ni l’autre » déplore Géraldine.
« Pour ma fille, pas contre son père »
La Bas-Alpine fait figure de cas particulier au sein des centaines de dossiers prisonniers de ce casse-tête franco-congolais. Le ministère des Affaires étrangères et la mission d’adoption internationale, embarrassés, la renvoient vers l’organisme autorisé pour l’adoption (OAA), qui assure depuis le début le lien avec la RDC et avec Naïs. Las, l’OAA, après avoir tenté de la décourager, cesse de lui répondre. « Je n’ai plus de nouvelles de ma fille depuis bientôt un an. Je ne sais pas dans quel état elle est, ce qu’elle peut penser. » Impossible même de savoir si elle est toujours à l’orphelinat, si elle n’est pas à la rue. La rue, une réalité pour beaucoup d’enfants en RDC.
Géraldine souffre, mais se bat. « Pour ma fille, pas contre son père » insiste la maman. Qui vient de lancer une pétition en ligne et d’écrire à François Hollande. « Le problème, je pense, est beaucoup plus politique que juridique. C’est pour ça que je me suis adressée au président de la République. Je ne lâcherai pas, je ne les lâcherai pas. » Elle refuse de baisser les bras, ce qui serait pour Naïs « un énième abandon ». « Je veux qu’elle puisse se retourner sur une vie d’amour et de combat pour elle. »