Par : Bernard P
Publié : 24 avril 2016

22.04.2016 - MASF

Échecs de l’adoption, réussite de la presse

- Tout d’abord, L’hebdomadaire Le Point a publié le 26 janvier 2016, sous la plume de Pascale Juilliard, un article intitulé « Les adoptions d’enfants à l’étranger à leur plus bas niveau depuis 35 ans  ». On peut y lire l’extrait suivant : « Les échecs d’adoption, c’est-à-dire des cas où des enfants sont remis par leurs familles adoptives à l’Aide sociale à l’enfance (ASE), sont estimés à une quarantaine en 2015 ».

- La Croix du 27 janvier dernier, sous la plume de Denis Peiron, publie ensuite un article intitulé : « les adoptions d’enfants étrangers se raréfient en France ». On y lit que « le quai d’Orsay confirme la fin du tabou : (…) pour 2015 une quarantaine d’enfants, après avoir été adoptés, ont finalement été remis à l’aide sociale à l’enfance ».

- Avec quelques semaines de retard, qui auraient dû être propices à l’approfondissement du sujet, Le Monde publie à son tour le 2 mars, un article de Gaëlle Dupont intitulé : « Quand les adoptions tournent à l’échec ». Le sous-titre est très intéressant : « Selon le quai d’Orsay en deux ans, 2% des enfants adoptés ont été remis par leurs parents adoptifs aux services sociaux ». Dans l’article, il est encore question du fameux "tabou" qui pèserait sur ces échecs. L’article du Monde va plus loin : « (…) il reste que les exemples cités sont terribles : tel enfant de cinq ans remis à l’ASE au bout de trois mois avec ses affaires dans un sac poubelle ; tel autre renvoyé par avion dans son pays d’origine ».

Le MASF a cru que ces dernières lignes concernaient l’affaire célèbre d’une américaine renvoyant son enfant en Russie mais le cas est bien malheureusement le fait d’une famille française, comme nous l’a confirmé la MAI. N’importe quel lecteur de bonne foi en déduira qu’il s’agit d’un événement rare, mais pas exceptionnel. Nous avons questionné directement la MAI : c’est le seul cas dont ils ont connaissance pour les dix dernières années. La MAI nous a par ailleurs confirmé que les 40 échecs sont aussi sur dix ans et non pas sur deux. Le renvoi par avion dans le pays d’origine représente donc un cas, tragique, sur environ 10 000, pour rester dans les ordres de grandeur.

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