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Par : Bernard P
Publié : 25 mars 2016

23.03.2016 - EpochTimes

Seuls à New York : ces orphelins qui se retrouvent hors-système

Une faille dans la loi fédérale américaine permet aux parents adoptant un enfant de continuer à toucher des allocations quand celui-ci est abandonné. Une situation sans solution, et peut-être le prix à payer pour une politique d’adoption encouragée mais mal encadrée.

NEW YORK – L’histoire commence en 2014. La nuit est solennelle, solitaire, à l’intérieur de l’église de Mount Pisgah Baptist. Une fois que les longs bandeaux de lumière disparaissent derrière les bancs, les ténèbres s‘installent dans les alcôves. Jaquan Melton, âgé de 19 ans, pénètre dans le lieu pour dormir.

En tant que jeune travailleur sans-abri, Jaquan passe près d’un an à veiller dans l’église antique de Brooklyn. Le jeune adulte a élu domicile dans le bâtiment, quelque part entre les produits de nettoyage et les casiers de rangements. Sa mère adoptive continue de toucher les allocations du gouvernement pour prendre soin de lui – à peu près 700 dollars par mois ; et les chèques continueront d’affluer jusqu’à la majorité du jeune homme.

Cela fait quatre ans que Jaquan a été expulsé de la maison de sa mère adoptive. Depuis, il déambule, trouvant refuge dans les quartiers des églises ou chez des amis, incapable de trouver un endroit stable lui permettant de s’établir et de terminer ses études au lycée. Pendant ce temps, d’après son avocat, sa mère adoptive a touché près de 34 000 dollars en chèques – le jeune homme n’a jamais vu un seul dollar de cette somme.

Jaquan a bien tenté de s’adresser aux organismes d’aides publiques, mais on lui a répondu qu’il n’était pas admissible tant que sa mère adoptive recevrait des allocations pour lui.

Au cours des 22 dernières années, l’administration de New York pour les services de l’enfance estime qu’un enfant adopté sur vingt se retrouve finalement « hors système ». Des experts estiment que ce chiffre serait beaucoup plus élevé car aucune agence ne recense ni ne garde de trace des jeunes qui, comme Jaquan, frappent à leur porte.
At age 16, Saqoya Diaz slept through a snowstorm outdoors in February, while her adoptive mother received $1200 a month to take care of her. New York City’s Administration for Children’s Services estimates that one out of every 20 children adopted from foster care in the city were eventually returned to the foster system. Experts say the actual number of broken adoptions is much higher since agencies do not keep track of children like Diaz who end up homeless or living with someone else. (Benjamin Chasteen/Epoch Times)

At age 16, Saqoya Diaz slept through a snowstorm outdoors in February, while her adoptive mother received $1200 a month to take care of her. New York City’s Administration for Children’s Services estimates that one out of every 20 children adopted from foster care in the city were eventually returned to the foster system. Experts say the actual number of broken adoptions is much higher since agencies do not keep track of children like Diaz who end up homeless or living with someone else. (Benjamin Chasteen/Epoch Times)

Dans cette ville ainsi qu’ailleurs aux États-Unis, des parents adoptifs peuvent recevoir une subvention variant de 400 à 1 800 dollars par mois, en fonction de facteurs tels que l’âge, le handicap, ou les complications médicales.

« Il apparaît que la plupart du temps, ils acceptent de continuer à recevoir ces paiements », déclare Betsy Kramer, directeur de la politique publique à Avocats pour Enfants (Lawyers for Children).

Il n’est pas évident pour les organismes publics de clôturer un dossier de subventions pour adoption. En raison du manque de clarté des lois fédérales sur la question, beaucoup d’organismes sociaux ne sont pas autorisés à le faire, et ce même si l’enfant est revenu dans une structure d’accueil. Même contrôler le bon déroulement d’une adoption semble relever du parcours du combattant. « Il y a certaines personnes qui ont vraiment réalisé qu’il y avait une faille dans le système, et l’exploitent », relève Dawn Post, co-directeur du centre Avocats pour Enfants à New York.