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Par : Bernard P
Publié : 1er septembre 2015

23.08.2015 - Goupe de presse l’avenir - RDCongo

RDC-Adoption : Le moratoire divise le gouvernement et l’opposition

Alors que la suspension des autorisations de sortie reste de mise, le maintien des enfants congolais adoptés par les étrangers, dans des orphelinats, loin de leur nouveau cadre familial, suscite l’ire d’une partie de la classe politique congolaise.

Officiellement, le Gouvernement congolais ne s’empresse pas de débloquer la situation. C’est en substance ce qui ressort de la dernière livraison de Jeune Afrique qui a repris des propos que Lambert Mende, porte –parole dudit Gouvernement, avait tenus, il y a plus de trois mois, sur le sujet de l’interdiction de sortie de territoire, infligée aux enfants adoptés par les étrangers. Mais en réalité, des divergences apparaissent entre les membres du Gouvernement congolais sur le temps qui est passé depuis le moratoire.

D’un coté, ceux qui comprennent les motivations ayant prévalu au gel mais qui trouvent inhumaine la longue attente imposée aux enfants et aux parents adoptifs. Mais ils ne le diront jamais publiquement. Sans doute par solidarité gouvernementale. L’un d’entre eux, ayant requis l’anonymat, se plaint que l’intérêt de l’enfant ne soit pas pris en compte. « Combien d’enfants vulnérables comptons-nous dans notre pays ? Des milliers et de milliers », avança-t-il lui même. « Ceux qui font l’objet de l’adoption internationale ne représentent qu’une infime partie ; Les autres, soit la grande la majorité, resteront dans le pays avec des perspectives d’avenir moins bien meilleurs que ceux qui vont partir à l’étranger. Qu’avons-nous à perdre à les laisser partir ? Ils vont retrouver un père et une mère ; ils vont faire de bonnes études et n’oublieront jamais, dans leur vie d’adulte, la RDC ». Et dans ce lot, plusieurs poids lourds de l’opposition congolaise commencent à lever le ton : « Vous ne pouvez pas, sans que cela ne nuise à l’efficacité de vos services, soutenir que vous avez besoin de plus de deux ans de procédure pour juger de la régularité de quelques 13OO dossiers d’adoption », tempête un haut cadre de l’Opposition Républicaine. Un autre clame sa perplexité devant ce blocage de près de deux ans : « Si l’argument initial d’éviter à nos enfants des couples de même sexe ou de faire l’objet d’une transaction illicite entre deux familles adoptives était louable et raisonnable, cela est devenu, au fil du temps qui passe, contre productif et susceptible de pourrir les bonnes relations que notre pays entretient avec les 8 pays occidentaux qui interviennent dans l’adoption internationale ici ».